Fausse agression au Restos du Cœur : six mois de prison ferme pour la « victime »

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En matière de justice, tout est fait pour que le criminel paie et la victime soit en quelque sorte « vengée».

C’est ainsi que la justice se pose comme le défenseur des plus faibles contre les plus forts, des infortunés comme les malfrats. Mais cela ne s’est pas toujours passé ainsi, du moins la justice n’est pas toujours confrontée à ce schéma classique de l’agresseur et de l’agressé. Il arrive bien souvent, et ce n’est pas chose rare, que la victime soit le bourreau.
Certains crimes ou forfaits ne s’inscrivent pas toujours dans le schéma traditionnel qui oppose agresseur et agressé. Pour une raison ou pour une autre, les deux peuvent se retrouver en un seul personnage et quand la justice découvre le montage elle frappe très durement l’apprenti fabulateur. Ce serait le cas de ce gérant d’un Restos du Cœur qui continue de clamer son innocence.

Une configuration qui ne date pas d’aujourd’hui

Qui n’a jamais regardé des émissions d’enquêtes judiciaires qui portent sur de vraies fausses affaires de cambriolage ou de crimes ? Assurément tout le monde en connait un exemple. L’émission d’investigation criminelle, Enquêtes impossibles de Pierre Bellemare a, à maintes reprises, révélé des cas de forfaitures de gens qui se sont mis en scène pour rentrer en possession d’une assurance vie ou retirer une certaine gloire. Ce scénario se serait répété dans la cas qui concerne Richard Sautour le gérant bénévole des Restos du Cœur de Montreuil à Seine-Saint-Denis.

Une agression jugée douteuse par les enquêteurs

Le 1er juin dernier Richard Sautour gérant bénévole des Restos du Cœur à Montreuil est victime d’un acte qu’il appelle une agression. Dépêchée sur les lieux suite à l’appel de détresse, les policiers constatent que l’homme a été poignardé avec un couteau qui se trouvait toujours dans son abdomen. Le crime a été commis au sein même des locaux de l’association des Restos du Cœur. Interrogé plus tard par les officiers de police, l’homme déclare avoir été agressé par un couple armé d’une hache et d’un couteau. Mais en fait les choses ne se seraient pas passées de la sorte.

Une mise en scène découverte par les enquêtes

Au fil de l’enquête, les éléments à charge s’accumulent contre la supposée victime du cambriolage. Au lieu de conforter les policiers dans leur travail, les indices révèlent que l’agression a été montée de toute pièce par Richard Sautour. L’analyse graphologique désigne comme un faux, la lettre de menace qu’il aurait reçue des agresseurs. En outre, le seul ADN retrouvé sur les lieux du drame est celui de son épouse d’où la remise en cause de la version du gérant des Restos du Cœur.

Aurait-il voulu attirer l’attention sur lui et son institution

Le Tribunal Correctionnel de Bobigny qui lui a infligé une peine de prison de 6 mois a affirmé que Monsieur Richard Sautour aurait simulé une enquête terroriste pour des raisons non encore élucidées. Aurait-il cherché à attirer l’attention sur lui ? Son avocat ne croit pas en cette version lui qui déclare : « Ce n’est pas parce que l’enquête n’a pas permis d’identifier les auteurs que l’agression n’a pas existé…Il se serait mutilé pour attirer l’attention sur lui ? Ce n’est pas crédible » Et pourtant l’histoire montre que beaucoup d’autres ont fait bien pire.
L’avocat a, d’ores et déjà, fait appel de la décision du juge assortie d’une amende symbolique à verser à l’association des Restos du Cœur. Toute fois vaut mieux rester prudent car les enquêteurs auraient aussi bien pu se tromper.

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