Fête du 1er Mai : Ce Que Le Muguet Rapporte Aux Commerçants Nantais

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La fête traditionnelle du 1er mai est un jour de repos pour certains travailleurs, mais pas pour tous. Ce jour férié marque aussi la célébration du muguet, une journée au cours de laquelle les fleuristes sont très actifs. Les ventes explosent pour les commerçants, en l’occurrence ceux de Nantes. Cette région concentre la plus grande production de brins dans toute la France, l’enjeu économique est donc très important pour les producteurs nantais.

Une journée fériée devenue un jour ouvré à Nantes

La fête des travailleurs, celle du 1er mai, est une journée fériée célébrée de plusieurs manières dans l’Hexagone. De façon conventionnelle, c’est un jour au cours duquel toute tâche professionnelle est proscrite, pas seulement en France mais aussi dans plusieurs pays du globe. Même si la majorité des salariés profitent de l’occasion pour se reposer, ils sont de plus en plus nombreux ces français qui travaillent pendant ce jour férié. Parmi les plus actifs, les producteurs nantais qui récoltent chaque année des centaines de saisonniers pour la cueillette des muguets que certains nomment affectueusement fleurs porte-bonheur. Cette fleur printanière, en plus de symboliser une vieille tradition, représente aussi une véritable manne financière pour les artisans, en première ligne des bénéficiaires ceux du Pays de la Loire. Plus de 80 % des récoltes  proviennent de Nantes, un chiffre d’affaires difficile à déterminer avec exactitude mais qui s’élève à des dizaines de millions d’euros chaque année. Des estimations financières qui donnent plus envie de travailler plutôt que de se reposer lors de cette journée fériée étymologiquement chargée de sens.

La fête du travail, un enjeu économique pour les commerçants

En arrière-plan des festivités traditionnelles, se joue une bataille économique autour du muguet. Chaque année, environ 60 millions de brins porte-bonheur sont écoulés sur le marché dans l’Hexagone. Il arrive même que certains artisans épuisent leur stock, tant la demande est importante lors de cette période. Selon un sondage réalisé l’an dernier par TNS Sofres, les ménages ont dépensé en 2014 quelques 26,5 millions d’euros dans l’achat de ces fleurs. Mais ce chiffre semble en réalité beaucoup plus élevé que nous pouvons le penser. Car à ces commerçants ordinaires, s’ajoute les vendeurs stationnés le long de la voie publique. Il est difficile de chiffrer les revenus engrangés par ces commerçants occasionnels mais leur présence inquiète sérieusement les fleuristes et les distributeurs en grande surface. Les artisans de Gard ont même épinglé ces vendeurs à la sauvette qui ne respectent pas les conditions auxquelles ils sont soumis. Ces derniers brassent une véritable fortune à l’occasion de cette célébration, raison pour laquelle le fleuriste de profession milite pour le respect des normes fixées par la loi.

Le 1er producteur français recrute des saisonniers

La fête du travail revêt une importance particulière pour les producteurs nantais. Ils ont la lourde charge de satisfaire la quasi-totalité de la demande en muguets dans toute l’Hexagone(85% de la production nationale). A cette occasion, des centaines de saisonniers sont recrutés tous les ans pour la cueillette des fleurs. Pour cette année 2016, le Pays de la Loire a soumis sur le marché de l’emploi une demande 800 travailleurs contractuels. Certes, cela représente une goutte d’eau dans la vase au regard du nombre de chômeurs que compte le pays. Et même si la pauvreté gagne progresse, cette opportunité permet à certaines personnes de se faire un peu d’argent à cette période, surtout les jeunes étudiants qui connaissent bien les difficultés financières.

Mai 2016 tournera-t-il en faveur des commerçants ou vendeurs à la sauvette ?

L’inquiétude monte depuis quelques années chez les fleuristes à cause des vendeurs occasionnels installées sur les voies publiques. Dans une édition du journal Le Figaro datant de l’an dernier, Patrick Verron, un des artisans nantais estimait à environ une centaine de millions d’euros le volume d’affaires généré à l’occasion du 1er mai. La part des commerçants se limiterait donc à un quart, les vendeurs à la sauvette s’attribuant donc les trois quarts des revenus. Les commerçants ont donc du chemin à faire s’ils souhaitent inverser la tendance et se positionner comme les premiers bénéficiaires de la fête du muguet en 2016.

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